Cantique 4
4
Lui
1Que tu es belle,
Nouveau dialogue
(4.1–5.1)
Après les fastes de la noce, les deux se donnent l'un à l'autre. Ce dialogue, où la parole de l'homme domine, comporte six moments.
4.1-7
: Il fait l'éloge de sa bien-aimée par des métaphores détaillées. Elle se voyait imparfaite (1.5-6), mais il la déclare sans aucun défaut ! L'amour renouvelle toutes choses.
4.8
: Il l'appelle à le rejoindre, depuis les montagnes, qui symbolisent l'éloignement et le danger (2.8). Amana est un des sommets de la chaîne de l'Anti-Liban ; Senir est un ancien nom du mont Hermon ou de l'un de ses sommets (1 Chron 5.23).
4.9-15
: Il reprend l'éloge. Les éléments de comparaison, surprenants, évoquent peut-être le temple de Jérusalem, lieu de la présence de Dieu (le bois du Liban, v. 11, les parfums, v. 13s).
Discrètement, le Cantique indique un lien profond entre l'émerveillement de la rencontre du corps de l'autre et la présence de Dieu. Une certaine manière de vivre les relations aide à déceler la présence même de Dieu.
4.16
: Ce jardin évoque l'intimité secrète de la bien-aimée. Elle l'invite à y entrer : « Viens. » A plusieurs reprises, l'aimé – ou le chœur – invite la femme à le rejoindre (2.10, 13 ; 4.8). Parfois elle semble hésiter. Ici, elle l'invite chez elle, et à la fin du Cantique, de manière passionnée (7.12).
5.1a
: Le bien-aimé consent, il la prend pour femme.
5.1b
: Point culminant de ce chant, l'homme appelle ses amis à participer à la joie du repas de noces. Chez les prophètes, cette invitation au banquet est étendue au monde entier (És 25.6-8 ; 55.2 ; Luc 14.15-24).
ma tendre amie,
que tu es belle !
Derrière ton voile
tes yeux ont le charme des colombes.
Tes cheveux évoquent
un troupeau de chèvres
dévalant du mont Galaad.
2Tes dents me font penser
à un troupeau de brebis
fraîchement tondues,
qui remontent du point d'eau.
Chacune a sa sœur jumelle,
aucune ne manque à l'appel.
3Un ruban rouge : ce sont tes lèvres ;
ta bouche est ravissante.
Derrière ton voile
tes pommettes ont la rougeur
d'une tranche de grenade.
4Ton cou a l'aspect
de la Tour-de-David,
bâtie toute ronde.
Mille boucliers y sont suspendus,
les boucliers ronds de tous les héros#4.4 la Tour-de-David n'est mentionnée nulle part ailleurs. – toute ronde: traduction incertaine d'un terme inconnu par ailleurs ; autres traductions en couches régulières ou pour les trophées. – Mille boucliers: la décoration de la tour sert de comparaison pour décrire le collier garni de pièces de monnaie que la jeune fille porte autour du cou ; comparer Luc 15.8-10..
5Tes deux seins sont comme deux cabris,
comme les jumeaux d'une gazelle,
qui broutent parmi les anémones.
6A la fraîcheur du soir,
quand les ombres s'allongeront,
je compte bien venir
à ta montagne de myrrhe
et à ta colline d'encens#4.6 Comparer 2.17 et la note..
7Tout en toi est beauté, ma tendre amie,
et sans aucun défaut.
8Viens avec moi, ma promise,
quitte les monts du Liban
et viens avec moi ;
descends des sommets de l'Amana,
du Senir et de l'Hermon#4.8 Amana: un des sommets de la chaîne de l'Anti-Liban. – Sénir: ancien nom du mont Hermon ou de l'une de ses parties (1 Chron 5.23)..
Fuis ces repaires de lions,
ces montagnes pour panthères.
9Par un seul de tes regards
tu me fais battre le cœur,
petite sœur, ma promise,
par un seul mouvement
de ton cou gracieux.
10Comme ton amour me ravit,
petite sœur, ma promise !
Je le trouve plus enivrant que le vin,
et ton huile parfumée m'enchante
plus que tous les baumes odorants.
11Ma promise, sur tes lèvres
mon baiser recueille
un suc de fleurs,
et ta langue cache
un lait parfumé de miel.
Les vêtements que tu portes
ont l'odeur des bois du Liban.
12Tu es mon jardin privé,
petite sœur, ma promise,
ma source personnelle,
ma fontaine réservée.
13Tu as la fraîcheur#4.13 Le texte hébreu traditionnel a compris tes surgeons (sont un paradis…) ; les mêmes consonnes de l'hébreu peuvent être aussi comprises comme signifiant ta fraîcheur, ce qui s'accorde mieux au contexte.
Le jardin des délices et la source
(4.13, 15)
Les comparaisons végétales abondent dans le Cantique et évoquent ici l'Éden. C'est un jardin d'arbres aux fruits délicieux et parfumés (4.13 ; Gen 2.9), traversé de sources (4.15 ; Gen 2.10s). En 4.13, le texte hébreu utilise le mot perse, signifiant « jardin », qui est à l'origine de notre mot « paradis ». La venue du bien-aimé à la fraîcheur du soir (4.6 ; 2.17) rappelle la visite du Seigneur à Adam et Ève en Gen 3.8. Les prophètes aussi comparent Israël à un jardin, que Dieu visitera aux derniers temps (És 51.3 ; Ézék 36.35 ; Osée 14.6-7 ; Apoc 22.1-2). Le paradis n'est pas loin, il est là où se vit l'amour réciproque.
La source cachée fait la beauté du jardin (4.12, 15 ; Prov 5.15-18). Ce qui fait la beauté de l'aimée n'est pas seulement son apparence physique, mais son cœur. L'amour sensuel s'exprime à l'occasion d'une démarche spirituelle, où chaque partenaire découvre le mystère inviolable de la personne de l'autre, ce qu'évoque l'image de la source.
d'un verger de paradis
planté de grenadiers
aux fruits exquis.
S'y croisent les parfums
du henné et du nard,
14du nard et du safran,
du laurier et de la cannelle
avec ceux de tous les bois odorants ;
et aussi les senteurs
de myrrhe et d'aloès
avec celles des baumes les plus fins.
15Le jardin a une source,
une fontaine d'eau courante
dévalant les pentes du Liban.
Elle
16Réveillez-vous, venez,
vents du nord et du midi,
répandez les parfums de mon jardin,
pour qu'il exhale ses senteurs !
Et toi, mon amour, viens à ton jardin
pour en manger les fruits exquis.
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Cantique 4: BEX2004
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Société biblique française – Bibli'O, 2004