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Le cantique de Débora
1Ce jour-là, Débora et Barac, fils d’Abinoam, chantèrent le cantique que voici#5.1 Ce poème très ancien contient un certain nombre d’expressions dont le sens est difficile à déterminer exactement. :
2« En Israël, chacun est prêt pour la guerre#5.2 En Israël, chacun est prêt pour la guerre : littéralement En Israël, on laisse flotter les chevelures : allusion au fait que les guerriers laissaient flotter leur chevelure pour aller au combat.
le peuple s’est offert à combattre :
Remerciez le Seigneur !
3Vous, les rois, vous, les souverains,
prêtez une oreille attentive !
Je vais chanter pour le Seigneur,
je vais célébrer le Seigneur, Dieu d’Israël.
4Seigneur, quand tu es venu du pays d’Édom,
quand tu es descendu des monts de Séir#5.4 Séir : voir Gen 32.4 et la note.
la terre s’est mise à trembler,
les nuages ont déversé leur eau,
du ciel a ruisselé une pluie abondante,
5les montagnes ont vacillé devant toi,
le Seigneur du Sinaï#5.5 Voir Ex 19.18., le Dieu d’Israël.
6A l’époque de Chamgar, fils d’Anath,
à l’époque de Yaël,
les caravanes désertaient le pays,
les voyageurs suivaient des chemins détournés#5.6 Chamgar : voir 3.31. – Yaël : voir 4.17-22. – les caravanes… détournés : la présence de Cananéens dans la plaine empêchait la circulation des caravanes et des voyageurs entre les tribus du nord et celles de la région montagneuse d’Éfraïm..
7Il n’y avait plus de chefs,
plus de chefs dans le pays d’Israël,
jusqu’à ce que j’apparaisse, moi, Débora,
et que je sois comme une mère pour Israël#5.7 (plus de) chefs : l’hébreu emploie ici un terme rare, dont le sens est difficile à déterminer ; autre traduction (plus de) paysans. – jusqu’à ce que j’apparaisse, moi, Débora : autre traduction jusqu’à ce que tu apparaisses, Débora..
8On choisissait des dieux nouveaux
et aussitôt la guerre éclatait.
Mais à peine trouvait-on un bouclier ou une lance
pour quarante mille hommes en Israël.
9Mon cœur est avec les commandants d’Israël
et avec les engagés volontaires du peuple.
Remerciez le Seigneur !
10Vous qui montez de blanches ânesses,
vous qui êtes assis sur des tapis,
vous qui cheminez sur les routes,
proclamez-le#5.10 A cette époque l’ânesse était la monture des chefs et des personnages de marque (10.4 ; Nomb 22.21). – Proclamez-le : autre traduction Méditez ! !
11Près des abreuvoirs, ceux qui distribuent l’eau
célèbrent les bienfaits du Seigneur,
ses bienfaits envers les chefs d’Israël#5.11 ceux qui distribuent l’eau : sens probable d’un texte peu clair. – envers les chefs : autre traduction envers les paysans, voir le v. 7 et la note.,
lorsque le peuple a pris position
aux portes de la ville.
12Réveille-toi, Débora, interviens !
Réveille-toi ! entonne un chant de guerre.
Debout, Barac, fils d’Abinoam,
ramène tes prisonniers !
13Les survivants ont rejoint les chefs,
le peuple du Seigneur s’est rassemblé
auprès de lui#5.13 auprès de lui : d’après un manuscrit de l’ancienne version grecque ; hébreu auprès de moi., comme des héros.
14Les vainqueurs des Amalécites
sont venus d’Éfraïm.
Benjamin les a suivis
et s’est mêlé à leurs troupes.
Le clan de Makir a fourni des chefs#5.14 les Amalécites : voir 3.13 et la note. – Makir est un clan de la tribu de Manassé, voir Jos 17.1.
et la tribu de Zabulon des officiers.
15Les chefs d’Issakar ont rejoint Débora ;
Issakar, fidèle à Barac,
s’est précipité à sa suite dans la plaine.
Mais dans les clans de Ruben
on a tenu des discussions sans fin#5.15 Les clans de Ruben ne se sont pas décidés à participer au combat. D’autres tribus dans le même cas vont recevoir des reproches, celles du territoire de Galaad et celles de Dan et d’Asser (v. 17)..
16Pourquoi êtes-vous restés près des enclos
à écouter les bergers appeler leurs troupeaux ?
Oui, dans les clans de Ruben
on a tenu des discussions sans fin.
17Au Galaad, à l’est du Jourdain,
les tribus n’ont pas bougé.
La tribu de Dan est demeurée
à proximité de ses navires,
celle d’Asser est restée de même
au bord de la mer, près de ses ports#5.17 Galaad : nom habituel de la Transjordanie centrale où sont installées la tribu de Gad et une partie de celle de Manassé, voir Nomb 32.1. – A cette époque la tribu de Dan était encore installée à l’ouest du territoire de Benjamin (voir 18.1 et la note). Les Danites servaient peut-être comme marins sur des navires phéniciens. – Asser occupait la plaine littorale au nord du mont Carmel..
18Les gens de Zabulon, eux,
tout comme ceux de Neftali,
ont accepté d’affronter la mort
sur les champs de bataille.
19Les rois ennemis, les rois de Canaan,
ont lancé une attaque contre Taanak,
près des sources de Méguiddo#5.19 Taanak et Méguiddo sont deux villes cananéennes importantes, situées à la bordure méridionale de la plaine de Jizréel.,
mais ils n’ont obtenu ni butin ni argent !
20Du haut du ciel, les astres ont pris part à la bataille,
en suivant leur chemin, ils ont combattu Sisra.
21Le torrent qui coule depuis si longtemps,
le torrent de Quichon#5.21 le torrent de Quichon : voir la note sur 4.7. a balayé les ennemis.
Marchons hardiment au combat !
22Alors les chevaux ont passé au galop,
martelant le sol de leurs sabots.
23Maudissez la ville de Méroz#5.23 Méroz : à 12 km au sud-est de Quédech de Neftali.
proclame l’ange du Seigneur,
maudissez-la, maudissez ses habitants,
car ils ne sont pas venus à l’aide du Seigneur,
ils n’ont pas combattu avec ses vaillants guerriers.
24Bénie soit, parmi toutes les femmes,
Yaël, femme de Héber le Quénite,
Oui, bénie soit-elle,
parmi toutes les femmes qui habitent sous tente.
25Sisra lui demanda de l’eau,
elle lui donna du lait,
du lait crémeux dans une coupe magnifique.
26Puis d’une main elle empoigna un piquet,
de l’autre elle saisit le marteau de l’ouvrier.
Elle frappa Sisra, elle lui fendit le crâne,
elle lui transperça la tête.
27Il s’affaisse devant elle, il s’écroule,
il reste étendu à ses pieds sur le sol ;
il s’affaisse, il s’écroule, il est mort.
28La mère de Sisra regarde par la fenêtre,
à travers le treillis, elle se lamente :
“Pourquoi son char se fait-il attendre ?
Pourquoi tarde-t-il à venir ?”
29Elle se répète sans cesse la réponse
de ses compagnes les plus sages :
30“Les soldats amassent le butin, sûrement,
ils sont en train de le partager :
une jeune fille ou deux pour chaque guerrier,
des étoffes teintes et brodées pour Sisra,
oui, une étoffe à double broderie
pour entourer le cou du vainqueur.”
31Que tous tes ennemis, Seigneur,
meurent comme est mort Sisra,
mais que tes amis soient comme le soleil
quand il se lève dans tout son éclat ! »
Et le pays connut le repos que procure la paix pendant quarante ans.
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