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LA FIN DE L’EPOQUE DES CHEFS
Anne et Peninna
1Un homme nommé Elqana#1.1a Elqana devait être un lévite de la lignée de Qehath et de la famille de Qoré (1 Ch 6.18-23) dont les descendants officiaient comme musiciens dans le sanctuaire. vivait à Ramataïm-Tsophim#1.1b Probablement Rama de Benjamin (2.11 ; Jos 18.25)., dans la région montagneuse d’Ephraïm ; il était fils de Yeroham et petit-fils d’Elihou, de la famille de Tohou, descendant de Tsouph, un Ephraïmite#1.1c Ceci peut simplement signifier qu’Elqana habitait le territoire d’Ephraïm, dans une des villes d’Ephraïm données aux lévites (Jos 21.20-21).. 2Il avait épousé deux femmes : l’une s’appelait Anne et l’autre Peninna. Peninna avait des enfants, mais Anne n’en avait pas. 3Chaque année, Elqana se rendait de sa ville à Silo#1.3 Le coffre de l’alliance et la tente de la Rencontre (3.3 ; Jos 18.1) se trouvaient à une trentaine de kilomètres au nord de Jérusalem. Chaque année, tous les Israélites devaient se rendre trois fois au sanctuaire central (Ex 23.14-19 ; 34.23 ; Dt 16.16-17). pour y adorer l’Eternel, le Seigneur des armées célestes, et pour lui offrir des sacrifices. Les deux fils d’Eli, Hophni et Phinéas, y officiaient comme prêtres de l’Eternel. 4Le jour où Elqana offrait son sacrifice, il attribuait des parts de viande à sa femme Peninna et à tous ses enfants, 5et il donnait une double part à Anne parce qu’il l’aimait, bien que le Seigneur l’ait empêchée d’avoir des enfants. 6Sa rivale ne cessait de la vexer pour l’irriter contre Dieu de ce qu’il l’ait rendue stérile. 7Cela se reproduisait chaque année : toutes les fois qu’Anne se rendait au sanctuaire de l’Eternel, Peninna l’exaspérait. Alors Anne pleurait et restait sans manger. 8Elqana lui demandait :
– Anne, pourquoi pleures-tu ? Pourquoi restes-tu sans manger ? Pourquoi es-tu si malheureuse ? Est-ce que je ne vaux pas mieux pour toi que dix fils ?
La prière d’Anne
9Cette fois-ci, après qu’on eut mangé et bu à Silo, Anne se leva et se rendit au sanctuaire de l’Eternel. Le prêtre Eli y était assis sur son siège près de la porte. 10Très affligée, Anne pria l’Eternel en pleurant à chaudes larmes. 11Alors elle fit le vœu suivant :
– Eternel, Seigneur des armées célestes, si tu veux bien considérer la misère de ta servante et si tu interviens en ma faveur, si tu ne délaisses pas ta servante et si tu me donnes un fils, alors je te le consacrerai pour toute sa vie ; ses cheveux et sa barbe ne seront jamais coupés#1.11 Voir Nb 6.1-21..
12Comme elle priait longuement devant l’Eternel, Eli observait le mouvement de ses lèvres. 13Anne priait intérieurement : ses lèvres bougeaient, mais on n’entendait pas sa voix. Eli pensa qu’elle était ivre 14et il l’interpella :
– Combien de temps encore veux-tu étaler ton ivresse ? Va cuver ton vin ailleurs !
15Anne lui répondit :
– Non, Monseigneur, je ne suis pas ivre, je n’ai bu ni vin ni boisson alcoolisée, mais je suis très malheureuse et j’épanchais mon cœur devant l’Eternel. 16Ne me juge pas mal et ne me considère pas comme une femme perverse. Si j’ai prié aussi longtemps, c’est parce que mon cœur débordait de chagrin et de douleur.
17– Dans ce cas, lui dit Eli, va en paix, et que le Dieu d’Israël exauce la requête que tu lui as adressée.
18Anne répondit :
– Je me recommande à ta bienveillance.
Puis elle s’en alla, se restaura et son visage fut différent.
19Le lendemain, de bon matin, Elqana et sa famille se prosternèrent devant l’Eternel, puis ils rentrèrent chez eux à Rama. Elqana s’unit à Anne, sa femme, et l’Eternel intervint en sa faveur. 20Elle fut enceinte et, au terme de sa grossesse, elle mit au monde un garçon auquel elle donna le nom de Samuel (Dieu a entendu) car, dit-elle, « je l’ai demandé à l’Eternel#1.20 En hébreu, le nom Samuel fait assonance avec le verbe entendre, exaucer. ».
Anne consacre son enfant à Dieu
21L’année suivante, Elqana se rendit de nouveau à Silo avec toute sa famille pour offrir à l’Eternel le sacrifice annuel et pour accomplir le vœu qu’il avait fait. 22Mais Anne ne l’accompagna pas. Elle dit en effet à son mari :
– J’attends que l’enfant soit sevré#1.22 Ce qui, selon les habitudes de ces pays, pouvait durer trois ans ou plus., alors je l’emmènerai à Silo pour le présenter à l’Eternel et il restera là-bas pour toujours.
23Son mari lui dit :
– Fais comme tu le juges bon et attends de l’avoir sevré. Que la promesse de l’Eternel se réalise.
Anne resta donc à la maison pour allaiter son enfant jusqu’à ce qu’il soit sevré.
24A ce moment-là, elle l’emmena avec elle au sanctuaire de l’Eternel à Silo, en apportant un taureau de trois ans#1.24 D’après le manuscrit hébreu de Qumrân,l’ancienne version grecque et la version syriaque ; le texte hébreu traditionnel a : trois taureaux., dix kilogrammes de farine et une outre de vin. Le garçon était encore tout jeune. 25Ils offrirent le taureau en sacrifice et présentèrent l’enfant à Eli. 26Anne lui dit :
– Excuse-moi, Monseigneur, aussi vrai que tu vis, Monseigneur, je suis cette femme qui se tenait près de toi, ici même, pour prier l’Eternel. 27C’était pour obtenir cet enfant que je priais, et l’Eternel m’a accordé ce que je lui demandais. 28A mon tour, je veux le consacrer à l’Eternel : pour toute sa vie, il lui sera consacré.
Là-dessus, ils se prosternèrent#1.28 D’après certains manuscrits hébreux, certains manuscrits de l’ancienne version grecque, la version syriaque et la Vulgate ; le texte hébreu traditionnel a : il se prosterna. là devant l’Eternel.
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