Ésaïe 63
63
Le terrible vendangeur
1Quel est ce voyageur
Dieu s'engage contre les forces du mal
(63.1-6)
Le prophète annonce la victoire de Dieu, qui a vengé l'humiliation de son peuple.
Les noms Édom et Bosra signifient respectivement « Rouge » et « Vendange ». Or, l'image de la vendange – ou du pressoir – désigne dans la Bible le jugement de Dieu.
Le jugement s'exerce contre Édom. La population d'Édom, au sud-est de la mer Morte, était pour Israël un ennemi juré, surtout après la ruine de Jérusalem, en 587 avant J.-C. Les Édomites avaient en effet participé au pillage de la ville et massacré des fuyards. Mais Édom représente toutes les forces du mal.
En raison du manteau taché de sang (v. 2), certains chrétiens ont fait un lien avec Jésus, flagellé puis couvert d'un manteau rouge (Matt 27.28), pleinement engagé contre le mal et mortellement blessé dans son combat de libérateur (Apoc 19.13-15).
qui arrive d'Édom,
de Bosra, la capitale,
les vêtements tachés de rouge ?
Drapé dans son manteau,
il marche la tête haute
et conscient de sa force.
« C'est moi, dit le Seigneur,
je viens rendre la justice
et m'en prendre aux nations
pour sauver mon peuple#63.1 Édom: au sud de la mer Morte. Les Édomites furent considérés par Israël comme ses ennemis héréditaires, surtout après la ruine de Jérusalem en 587 avant J.-C. (Ps 137.7 ; Lam 4.21-22 ; Ézék 25.12 ; 35.5, 12, 15 ; 36.5 ; Abd 10-15 ; voir aussi És 34.5 et la note). – En hébreu les noms d'Édom et de Bosra évoquent respectivement la couleur rouge et la vendange. – m'en prendre aux nations ou quereller les nations: d'après plusieurs versions anciennes ; avec une autre voyelle, le texte traditionnel a compris riche (pour sauver…). »
2« Mais pourquoi ce rouge à ton manteau
et ces taches à tes vêtements ?
On dirait que tu as travaillé
à fouler du raisin au pressoir. »
3« Oui, j'ai travaillé au pressoir, et seul,
sans personne d'aucun peuple avec moi.
Dans ma colère et ma fureur
j'ai piétiné des gens,
je les ai foulés aux pieds.
Leur sang a giclé sur mes habits,
j'ai taché tous mes vêtements#63.3 j'ai piétiné: comparer Apoc 14.20 ; 19.15. – habits tachés de sang: comparer Apoc 19.13..
4C'est que j'avais à cœur
de prendre aujourd'hui ma revanche ;
le moment était venu
de libérer mon peuple.
5J'ai cherché quelqu'un du regard,
mais personne pour m'aider !
Je suis resté surpris
que personne ne m'assiste.
Alors j'ai décidé
d'y mettre la main moi-même ;
ma fureur m'en a donné la force#63.5 Comparer 59.16..
6Dans ma colère
j'ai écrasé des gens,
je les ai enivrés de ma fureur,
j'ai répandu leur sang à terre. »
Histoire de la bonté du Seigneur
7Je voudrais rappeler
Appel au Dieu sauveur
(63.7–64.11)
Au cœur de la détresse, le peuple commence son travail de mémoire par une louange qui résume les actes de salut opérés par Dieu dans le passé, particulièrement au temps de Moïse. Or Israël n'a cessé de se révolter contre Dieu et de le blesser dans sa bonté et sa sainteté. Le Seigneur a donc laissé son peuple tomber aux mains des ennemis (v. 10).
Même si le peuple reproche à Dieu de l'avoir laissé un peu trop libre de ses choix (v. 17) il n'a d'autre solution que de faire appel à son pardon et à son amour, comme un enfant qui supplie son père (v. 16 ; 64.7-11).
les bontés du Seigneur
et nos motifs de le louer :
tout ce qu'il a fait pour nous,
et sa générosité
envers la nation d'Israël,
tout ce qu'il a fait par amour,
dans son immense bonté.
8Il a dit des gens d'Israël :
« Mon peuple, c'est eux,
ils sont pour moi des fils
qui ne me décevront pas. »
Et il a été leur sauveur.
9Dans toutes leurs détresses
il n'a délégué personne
pour leur venir en aide,
mais il les a sauvés lui-même#63.9 il n'a délégué… lui-même: d'après l'ancienne version grecque ; avec d'autres voyelles, la tradition juive a compris Dans toutes leurs détresses, qui étaient une détresse pour lui, l'ange de son visage les a sauvés..
Dans son amour et sa pitié,
c'est lui qui les a libérés,
c'est lui qui s'est chargé d'eux
et les a portés à bout de bras
tout au long de leur histoire.
10Mais ils ont été rebelles,
ils ont déçu son Esprit saint.
Il s'est donc fait leur ennemi
et il s'est mis à les combattre.
11Alors son peuple s'est rappelé
l'histoire ancienne, avec Moïse#63.11 avec Moïse: Ex 14.15-23. :
« Qu'est-il donc devenu,
celui qui a fait monter son peuple de la mer,
son troupeau avec ses bergers ?
Qu'est-il donc devenu,
celui qui, par son Esprit,
était présent parmi les siens ?
12A la droite de Moïse,
c'est lui qui avança
son bras majestueux.
Il fendit les eaux devant les siens
et s'est acquis ainsi
un éternel titre de gloire.
13C'est lui qui les fit avancer
sur le fond de la mer,
comme un cheval en liberté,
sans qu'ils fassent un faux pas.
14On aurait dit un troupeau
qui descend dans la vallée.
L'Esprit du Seigneur
les conduisait vers le repos. »
C'est donc ainsi, Seigneur,
que tu conduisais ton peuple
et que tu te faisais
un splendide titre de gloire !
Prière de supplication
15Du haut du ciel, regarde ;
de ta splendide demeure divine,
vois ce qui nous arrive :
Que sont donc devenus
ton amour si ardent,
ta vaillance au combat
et tes sentiments de tendresse ?
Seigneur, ne t'es-tu pas retenu
de montrer ton affection à ton peuple#63.15 de montrer à ton peuple ou de me montrer (c'est le peuple d'Israël qui parle ici). ?
16Car c'est toi qui es notre père,
Abraham, notre ancêtre, nous ignore,
et Jacob ne nous connaît pas ;
mais toi, Seigneur, tu es notre père,
toi qu'on nomme depuis toujours
“notre Libérateur”.
17Pourquoi, Seigneur, nous as-tu laissés
nous égarer loin de ta route,
et nous obstiner à rejeter ton autorité ?
Reviens, pour l'amour de nous
qui sommes tes serviteurs,
le peuple qui est ta propriété.
18Nous, le peuple qui t'est consacré,
n'avons pas eu bien longtemps
la propriété du pays ;
ton saint temple a été piétiné
par nos ennemis.
19Il y a si longtemps
Que Dieu se montre seulement !
(63.19b–64.4a)
Le peuple demande que Dieu vienne avec puissance pour aider Israël. « Déchirer le ciel » (v. 19) signifie rétablir la relation entre Dieu et le peuple. L'action spectaculaire du Seigneur est unique en son genre, mais elle rappelle les événements de la sortie d'Égypte et évoque aussi la manifestation de Dieu lors de la fin des temps.
que nous ne sommes plus
le peuple sur lequel tu règnes,
le peuple qui porte ton nom !
Ah ! si#63.19 Certaines éditions font commencer ici le chap. 64. Les v. 64.1, 2, 3, etc. y sont alors numérotés 64.2, 3, 4, etc. tu déchirais le ciel
et si tu descendais !
Devant toi les montagnes
seraient ébranlées !
Chwazi Kounye ya:
Ésaïe 63: BEX2004
Pati Souliye
Kopye
Konpare
Pataje
Ou vle gen souliye ou yo sere sou tout aparèy ou yo? Enskri oswa konekte
Société biblique française – Bibli'O, 2004
Ésaïe 63
63
Le terrible vendangeur
1Quel est ce voyageur
Dieu s'engage contre les forces du mal
(63.1-6)
Le prophète annonce la victoire de Dieu, qui a vengé l'humiliation de son peuple.
Les noms Édom et Bosra signifient respectivement « Rouge » et « Vendange ». Or, l'image de la vendange – ou du pressoir – désigne dans la Bible le jugement de Dieu.
Le jugement s'exerce contre Édom. La population d'Édom, au sud-est de la mer Morte, était pour Israël un ennemi juré, surtout après la ruine de Jérusalem, en 587 avant J.-C. Les Édomites avaient en effet participé au pillage de la ville et massacré des fuyards. Mais Édom représente toutes les forces du mal.
En raison du manteau taché de sang (v. 2), certains chrétiens ont fait un lien avec Jésus, flagellé puis couvert d'un manteau rouge (Matt 27.28), pleinement engagé contre le mal et mortellement blessé dans son combat de libérateur (Apoc 19.13-15).
qui arrive d'Édom,
de Bosra, la capitale,
les vêtements tachés de rouge ?
Drapé dans son manteau,
il marche la tête haute
et conscient de sa force.
« C'est moi, dit le Seigneur,
je viens rendre la justice
et m'en prendre aux nations
pour sauver mon peuple#63.1 Édom: au sud de la mer Morte. Les Édomites furent considérés par Israël comme ses ennemis héréditaires, surtout après la ruine de Jérusalem en 587 avant J.-C. (Ps 137.7 ; Lam 4.21-22 ; Ézék 25.12 ; 35.5, 12, 15 ; 36.5 ; Abd 10-15 ; voir aussi És 34.5 et la note). – En hébreu les noms d'Édom et de Bosra évoquent respectivement la couleur rouge et la vendange. – m'en prendre aux nations ou quereller les nations: d'après plusieurs versions anciennes ; avec une autre voyelle, le texte traditionnel a compris riche (pour sauver…). »
2« Mais pourquoi ce rouge à ton manteau
et ces taches à tes vêtements ?
On dirait que tu as travaillé
à fouler du raisin au pressoir. »
3« Oui, j'ai travaillé au pressoir, et seul,
sans personne d'aucun peuple avec moi.
Dans ma colère et ma fureur
j'ai piétiné des gens,
je les ai foulés aux pieds.
Leur sang a giclé sur mes habits,
j'ai taché tous mes vêtements#63.3 j'ai piétiné: comparer Apoc 14.20 ; 19.15. – habits tachés de sang: comparer Apoc 19.13..
4C'est que j'avais à cœur
de prendre aujourd'hui ma revanche ;
le moment était venu
de libérer mon peuple.
5J'ai cherché quelqu'un du regard,
mais personne pour m'aider !
Je suis resté surpris
que personne ne m'assiste.
Alors j'ai décidé
d'y mettre la main moi-même ;
ma fureur m'en a donné la force#63.5 Comparer 59.16..
6Dans ma colère
j'ai écrasé des gens,
je les ai enivrés de ma fureur,
j'ai répandu leur sang à terre. »
Histoire de la bonté du Seigneur
7Je voudrais rappeler
Appel au Dieu sauveur
(63.7–64.11)
Au cœur de la détresse, le peuple commence son travail de mémoire par une louange qui résume les actes de salut opérés par Dieu dans le passé, particulièrement au temps de Moïse. Or Israël n'a cessé de se révolter contre Dieu et de le blesser dans sa bonté et sa sainteté. Le Seigneur a donc laissé son peuple tomber aux mains des ennemis (v. 10).
Même si le peuple reproche à Dieu de l'avoir laissé un peu trop libre de ses choix (v. 17) il n'a d'autre solution que de faire appel à son pardon et à son amour, comme un enfant qui supplie son père (v. 16 ; 64.7-11).
les bontés du Seigneur
et nos motifs de le louer :
tout ce qu'il a fait pour nous,
et sa générosité
envers la nation d'Israël,
tout ce qu'il a fait par amour,
dans son immense bonté.
8Il a dit des gens d'Israël :
« Mon peuple, c'est eux,
ils sont pour moi des fils
qui ne me décevront pas. »
Et il a été leur sauveur.
9Dans toutes leurs détresses
il n'a délégué personne
pour leur venir en aide,
mais il les a sauvés lui-même#63.9 il n'a délégué… lui-même: d'après l'ancienne version grecque ; avec d'autres voyelles, la tradition juive a compris Dans toutes leurs détresses, qui étaient une détresse pour lui, l'ange de son visage les a sauvés..
Dans son amour et sa pitié,
c'est lui qui les a libérés,
c'est lui qui s'est chargé d'eux
et les a portés à bout de bras
tout au long de leur histoire.
10Mais ils ont été rebelles,
ils ont déçu son Esprit saint.
Il s'est donc fait leur ennemi
et il s'est mis à les combattre.
11Alors son peuple s'est rappelé
l'histoire ancienne, avec Moïse#63.11 avec Moïse: Ex 14.15-23. :
« Qu'est-il donc devenu,
celui qui a fait monter son peuple de la mer,
son troupeau avec ses bergers ?
Qu'est-il donc devenu,
celui qui, par son Esprit,
était présent parmi les siens ?
12A la droite de Moïse,
c'est lui qui avança
son bras majestueux.
Il fendit les eaux devant les siens
et s'est acquis ainsi
un éternel titre de gloire.
13C'est lui qui les fit avancer
sur le fond de la mer,
comme un cheval en liberté,
sans qu'ils fassent un faux pas.
14On aurait dit un troupeau
qui descend dans la vallée.
L'Esprit du Seigneur
les conduisait vers le repos. »
C'est donc ainsi, Seigneur,
que tu conduisais ton peuple
et que tu te faisais
un splendide titre de gloire !
Prière de supplication
15Du haut du ciel, regarde ;
de ta splendide demeure divine,
vois ce qui nous arrive :
Que sont donc devenus
ton amour si ardent,
ta vaillance au combat
et tes sentiments de tendresse ?
Seigneur, ne t'es-tu pas retenu
de montrer ton affection à ton peuple#63.15 de montrer à ton peuple ou de me montrer (c'est le peuple d'Israël qui parle ici). ?
16Car c'est toi qui es notre père,
Abraham, notre ancêtre, nous ignore,
et Jacob ne nous connaît pas ;
mais toi, Seigneur, tu es notre père,
toi qu'on nomme depuis toujours
“notre Libérateur”.
17Pourquoi, Seigneur, nous as-tu laissés
nous égarer loin de ta route,
et nous obstiner à rejeter ton autorité ?
Reviens, pour l'amour de nous
qui sommes tes serviteurs,
le peuple qui est ta propriété.
18Nous, le peuple qui t'est consacré,
n'avons pas eu bien longtemps
la propriété du pays ;
ton saint temple a été piétiné
par nos ennemis.
19Il y a si longtemps
Que Dieu se montre seulement !
(63.19b–64.4a)
Le peuple demande que Dieu vienne avec puissance pour aider Israël. « Déchirer le ciel » (v. 19) signifie rétablir la relation entre Dieu et le peuple. L'action spectaculaire du Seigneur est unique en son genre, mais elle rappelle les événements de la sortie d'Égypte et évoque aussi la manifestation de Dieu lors de la fin des temps.
que nous ne sommes plus
le peuple sur lequel tu règnes,
le peuple qui porte ton nom !
Ah ! si#63.19 Certaines éditions font commencer ici le chap. 64. Les v. 64.1, 2, 3, etc. y sont alors numérotés 64.2, 3, 4, etc. tu déchirais le ciel
et si tu descendais !
Devant toi les montagnes
seraient ébranlées !
Société biblique française – Bibli'O, 2004