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1Et moi, je suis une fleur
de la plaine du Saron,
une anémone des vallées.
Lui
2Oui, une anémone
parmi les ronces,
voilà ma tendre amie
parmi les autres filles !
Elle
3Un pommier parmi les arbres du bois,
voilà mon bien-aimé
parmi les autres garçons !
A son ombre,
j’ai plaisir à m’asseoir
et je trouve à ses fruits
un goût délicieux.
4Il m’a conduite au palais de l’ivresse,
sous l’enseigne “A l’Amour”.
5« Vite, des gâteaux de raisin
pour me rendre des forces,
et des pommes pour me réconforter,
car je suis malade d’amour. »
6Sa main gauche soutient ma tête,
son bras droit m’enlace la taille.
Lui
7Ah, filles de la capitale,
au nom des gazelles en liberté,
je vous le demande instamment :
n’éveillez pas l’amour,
ne le provoquez pas
avant qu’il y consente#2.7 En hébreu le terme rendu par gazelles a la même orthographe que le qualificatif attribué à Dieu dans l’expression « le Seigneur de l’univers ». C’est probablement pour éviter la confusion que le texte hébreu ajoute ou des biches. Dans les civilisations anciennes du Moyen-Orient la gazelle ou la biche était symbole de l’amour. – n’éveillez pas… : autre traduction n’éveillez pas mon aimée / ne la dérangez pas / avant qu’elle y consente. !
C’est lui qui arriveElle
8Écoutez, c’est mon bien-aimé,
c’est lui qui arrive,
franchissant d’un bond
monts et collines.
9On dirait une gazelle ou un jeune cerf.
Le voici qui s’arrête
derrière notre mur,
cherchant à voir à travers la fenêtre,
jetant un coup d’œil
à travers le treillage.
10Et maintenant il me parle :
« Allons, ma tendre amie,
ma belle, viens.
11L’hiver est passé,
la pluie a cessé, elle est loin.
12On voit les champs fleurir ;
c’est le temps où tout chante.
Sur nos terres on entend
la tourterelle qui roucoule.
13Les figues vertes#2.13 figues vertes : celles qui ont passé l’hiver sur l’arbre.
grossissent sur les figuiers,
les vignes sont en fleur
et répandent leur parfum.
Allons, ma tendre amie,
ma belle, viens.
14Ma colombe
nichée au creux des rochers,
cachée dans la falaise,
montre-moi ton visage ;
fais-moi entendre ta voix,
elle est si agréable,
et ton visage est si joli ! »
Les frères
15Attrapez-nous ces renards,
ces petites bêtes
qui mettent à mal nos vignes,
quand notre vigne est en fleur !
Elle
16Mon bien-aimé est à moi
et je suis à lui.
Il trouve sa pâture
là où poussent les anémones#2.16 Il trouve sa pâture : cette image s’accorde à la comparaison que la jeune fille fait de son bien-aimé avec un jeune cerf ou une gazelle (2.9,17). Pour le sens de cette comparaison voir 2.1 ; 4.5 ; 6.2-3. Certains traduisent cependant Il mène son troupeau..
17A la fraîcheur du soir,
quand les ombres s’allongeront,
tu reviendras, mon amour,
leste comme une gazelle
ou comme un jeune cerf
sur les monts séparés#2.17 Le sens du v. 17 est discuté. Les monts séparés ou les monts de la séparation : selon certains il s’agirait d’un nom de lieu (mais non identifié) ; d’autres comprennent les montagnes ravinées ; d’autres les montagnes qui nous séparent ; d’autres enfin mettent l’expression en rapport avec 4.6 et 8.14 et y voient la désignation imagée de la poitrine de la jeune fille (voir 4.5-6)..
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