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La fuite dans les plaisirs
1Je me suis dit en moi-même : « Va donc, teste les plaisirs, et goûte à ce qui est bon. » Mais cela aussi est dérisoire. 2Du rire, j’ai dit : « C’est absurde », et de la joie : « A quoi cela m’avance-t-il ? »
3Puis j’ai décidé en moi-même de m’adonner au vin, tout en continuant à me conduire avec sagesse, et j’ai résolu de me lancer dans la folie, le temps de voir ce qui est le mieux pour les hommes qui s’affairent sous le soleil pendant les jours qu’ils ont à y vivre.
La fuite dans les grandes entreprises
4J’ai entrepris de grands travaux. Je me suis bâti des maisons. Je me suis planté des vignes#2.4 Pour les v. 4-9, voir 1 R 5.2-4 ; 10.10,14-27 ; 1 Ch 29.25 ; 2 Ch 9.22-27.. 5Je me suis aménagé des jardins et des vergers et j’y ai planté des arbres fruitiers de toutes sortes. 6Je me suis fait des bassins pour irriguer des pépinières où croissent des arbres.
7Je me suis procuré des esclaves et des servantes, j’ai eu du personnel domestique. J’ai possédé en abondance du gros et du menu bétail, bien plus que tous ceux qui m’ont précédé à Jérusalem.
8Je me suis amassé de l’argent et de l’or, provenant des trésors des rois et des provinces. Je me suis procuré des chanteurs et des chanteuses et j’ai eu ce qui fait les délices des hommes : de nombreuses belles femmes#2.8 Mot hébreu de sens incertain. Autres traductions : des servantes, des princesses, le luxe. Le terme apparenté en langue cananéenne signifie : concubine, maîtresse..
9Ainsi je devins puissant, et je surpassais tous ceux qui m’ont précédé à Jérusalem. En tout cela, ma sagesse m’assistait. 10Je ne me suis rien refusé de tout ce que je voyais. Je ne me suis privé d’aucun plaisir. Oui, j’ai joui de tout mon travail et c’est la part que j’ai retirée de toute la peine que je me suis donnée.
11Puis j’ai considéré l’ensemble de mes réalisations, et toute la peine que je m’étais donnée pour les accomplir. Et je me suis rendu compte que tout est dérisoire : autant courir après le vent. Il n’y a aucun avantage à tout ce qu’on fait sous le soleil#2.11 Voir Ps 62.10..
La sagesse et la folie
12Puis je me suis mis à considérer ce qui est sagesse et ce qui est stupidité et folie. Ainsi, que sera l’homme qui succédera au roi ? Que fera-t-il sinon ce qui s’est déjà fait avant lui ?
13J’ai constaté que la sagesse est plus avantageuse que la stupidité, tout comme la lumière est plus avantageuse que les ténèbres. 14Le sage a des yeux pour voir, alors que l’insensé marche dans les ténèbres.
Cependant, j’ai aussi constaté qu’un même sort attend l’un et l’autre.
15Alors je me suis dit en moi-même : « Puisque mon sort va être le même que celui de l’insensé, quel avantage me procure alors toute ma sagesse ? » Et j’ai conclu en moi-même que cela aussi était dérisoire.
16Car on ne se souviendra pas longtemps du sage, pas plus que de l’insensé et, dans les temps à venir, tous deux tomberont dans l’oubli. Car le sage mourra aussi bien que l’insensé.
17Alors je me suis mis à haïr la vie, car tout ce qui se fait sous le soleil m’est apparu détestable, parce que tout est dérisoire : autant courir après le vent.
18J’ai fini par prendre en dégoût tous les travaux que j’avais accomplis sous le soleil et pour lesquels je m’étais donné tant de peine, parce que je devrai tout laisser à mon successeur. 19Et qui peut savoir si mon successeur sera sage ou sot ? Pourtant, c’est lui qui disposera de tout ce que j’ai acquis sous le soleil par mon labeur et par ma sagesse. Cela aussi est dérisoire.
20Aussi j’en suis arrivé au désespoir en pensant à tout le travail pour lequel je me suis donné tant de peine sous le soleil. 21En effet, on accomplit son labeur avec sagesse, compétence et adresse, et c’est à quelqu’un qui n’a jamais participé à ce travail qu’on laisse tout ce qu’on en a retiré. Cela aussi est dérisoire, et c’est un grand mal.
22Car, que restera-t-il à l’homme de tout son labeur et de toutes ses préoccupations pour lesquels il s’est donné tant de peine sous le soleil ?
23En effet, toutes ses journées ne sont que tourment, et ses occupations ne lui apportent que des souffrances. Même la nuit, il ne trouve pas de repos. Cela aussi est dérisoire.
Tout bonheur dépend de Dieu
24Il n’y a donc rien de mieux à faire pour l’homme que de manger, de boire et de jouir du bonheur au milieu de son labeur. Mais j’ai constaté que cela aussi dépend de Dieu#2.24 Voir 3.12-13 ; 5.18 ; 8.15 ; 9.7..
25En effet, qui peut manger et profiter de la vie sinon celui qui le reçoit de lui#2.25 D’après l’ancienne version grecque. Le texte hébreu traditionnel a : sinon moi-même.  ?
26Car Dieu donne à l’homme qui lui est agréable la sagesse, la connaissance et la joie, mais il impose comme occupation à celui qui fait le mal le soin de recueillir et d’amasser pour celui qui lui est agréable.
Cela aussi est dérisoire : autant courir après le vent.