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INTRODUCTION
Ce livre rassemble plusieurs textes écrits par des auteurs différents, à des époques différentes. Ce sont des enseignements, des conseils et des proverbes. Ils doivent beaucoup aux sages de l’ancien Orient. Ils ont sans doute commencé à être mis par écrit au temps des rois. La tradition place le livre des Proverbes en entier sous le nom du roi Salomon, considéré comme le plus grand sage d’Israël.
Le livre des Proverbes fait partie de la littérature de la sagesse. Celle-ci est formée à la fois de la sagesse populaire et de la sagesse enseignée dans l’entourage des rois.
Dans l’ancien Orient, la sagesse est liée à la vie pratique. Le sage est celui qui est capable de faire son travail de façon correcte et avec habileté. Il est capable aussi de comprendre comment le monde fonctionne et comment les gens peuvent vivre ensemble de façon agréable. C’est l’expérience qui apprend la sagesse. Ce sont donc les anciens, parents ou maîtres, qui l’enseignent à leurs enfants ou à leurs élèves.
Voici comment le livre des Proverbes est composé :
Une longue introduction décrit le rôle et l’importance de la sagesse (chapitres 1–9).
Trois poèmes (1.20-33 ; 8.1-36 ; 9.1-6) présentent la Sagesse comme une personne qui invite les humains à l’écouter. La Bêtise essaie de s’opposer à elle et de persuader les humains de la suivre (9.13-18).
Les autres discours sont tous composés de la même manière : appel à écouter, conseils ou avertissements, conséquences pratiques.
Cette première partie donne le cadre général du livre avec cette affirmation : « Le respect du Seigneur est le commencement de la sagesse. Ceux qui se moquent des enseignements et des conseils des sages sont des personnes stupides » (1.7).
La partie centrale groupe des proverbes de Salomon (10.1–22.16 et 25.1–29.27) ou d’autres sages (22.17–24.34). Ils ont pour sujet la vie morale et sociale. Ils enseignent comment bien vivre en conduisant sa vie en accord avec le projet et la volonté de Dieu : qui fait le bien sera récompensé, qui agit mal en supportera les conséquences (24.12 ; 28.10).
Ces proverbes opposent le plus souvent des personnages qui représentent des catégories particulières : ceux qui agissent bien et ceux qui agissent mal, ceux qui sont justes et ceux qui se moquent de tout, les sages et les gens stupides. Le sage obéit aux règles de la nature et de la vie en société, ainsi qu’à la volonté de Dieu. Le paresseux et le buveur sont des exemples d’une conduite stupide. Dieu est celui qui maintient à la fois l’ordre social et l’ordre du monde.
La fin du livre (30–31) est composée de passages indépendants les uns des autres.
Deux d’entre eux transmettent les pensées ou les conseils de sages non israélites. Ce sont les paroles d’Agour (30.1-14) et les conseils de la mère du roi Lemouel à son fils (31.1-9). Le portrait de la femme courageuse (31.10-31) termine le livre. Cette femme est une image de la sagesse.
Le livre des Proverbes est un produit de la sagesse traditionnelle, quand il affirme que les justes connaissent le bonheur et les méchants le malheur. Les livres de Job et de l’Ecclésiaste s’opposent à l’idée que c’est toujours le cas. En effet, le contraire arrive tout autant. Mais le livre des Proverbes présente une sagesse souple qui s’adapte aux situations. Il affirme que la vie de tous les jours peut être une vie honnête et heureuse sous la conduite de Dieu.