INTRODUCTION
Le prophète Ézékiel est un prêtre du temple de Jérusalem. En 597 avant J.-C., Nabucodonosor, roi de Babylone, attaque la ville. Il emmène une partie de ses habitants en exil en Babylonie. Ézékiel est parmi ceux-ci. Environ quatre ans plus tard, Dieu l’appelle à devenir son porte-parole. Du pays où il a été déporté, Ézékiel adresse des paroles de condamnation et d’avertissement aux Judéens qui sont avec lui et à ceux qui sont restés à Jérusalem. Il annonce aussi le jugement de Dieu contre des peuples étrangers. En exil, Ézékiel apprend que les Babyloniens ont pris Jérusalem et détruit le temple (587 avant J.-C.). Une deuxième déportation de population a lieu. Le peuple de Dieu a maintenant tout perdu : il n’a plus de pays, il n’a plus de roi et il n’a plus de temple pour rencontrer son Dieu. L’exil à Babylone, qui a commencé dix ans plus tôt, concerne maintenant davantage de gens et va sûrement durer. Ézékiel annonce alors aux Israélites qu’un avenir nouveau est devant eux.
Le livre d’Ézékiel s’ouvre par une vision étonnante de la gloire de Dieu (chapitre 1). La gloire de Dieu, c’est sa présence et tout ce qui la fait connaître. Les images de la vision essaient de montrer la puissance et la force d’action de cette présence. Aux chapitres 8 à 11, une autre vision indique que la gloire de Dieu, c’est-à-dire Dieu lui-même, quitte le temple de Jérusalem, qui n’est plus digne de lui. Au chapitre 43 enfin, une dernière vision montre Dieu qui revient à Jérusalem dans un temple nouveau et qui le remplit de sa gloire.
Dieu se fait connaître par ses jugements et par ses promesses pour l’avenir. Alors tout le monde, le peuple d’Israël et les autres peuples, peut savoir qui est Dieu. Cette affirmation revient sans arrêt dans les chapitres 1 à 39 d’Ézékiel. À cause de cette connaissance de Dieu, chaque peuple, mais aussi chaque personne, est responsable de ses actes (chapitres 18 et 33). Ainsi, les gens peuvent changer de comportement, recevoir un cœur nouveau, c’est-à-dire une volonté nouvelle. Dieu, qui accompagne son peuple en exil (voir 11.16), va aussi lui redonner la vie (chapitre 37). Comme Jérémie, Ézékiel annonce que Dieu va établir une nouvelle alliance avec son peuple (voir 34.25 et 37.26).
Voici comment le livre d’Ézékiel est composé :
Les chapitres 1 à 24 contiennent des reproches et des menaces, prononcés après la première déportation. Les chapitres 1 à 3 racontent comment Dieu envoie Ézékiel vers les Israélites et l’établit comme guetteur chargé de les avertir. Ensuite, le prophète rappelle le passé des deux royaumes d’Israël et de Juda (chapitres 16 ; 20 ; 22–23). Il rappelle aussi ce qui se passe au moment où il parle, en particulier à Jérusalem et dans le temple (chapitres 8 et 22). Sur l’ordre de Dieu, Ézékiel accomplit des actes prophétiques pour montrer ce qui va arriver (chapitres 4 ; 5 ; 12 ; 24 ; etc.). Dieu va juger son peuple à cause des infidélités qu’il commet à son égard.
Les chapitres 25 à 32 annoncent que Dieu juge aussi les peuples étrangers. Ceux-ci sont condamnés à cause du mal qu’ils ont fait au peuple d’Israël.
Les chapitres 33 à 39 contiennent des messages prononcés après la destruction de Jérusalem en 587 avant J.-C. Ce sont surtout des messages d’encouragement et d’espérance. Gog, qui représente les ennemis du peuple de Dieu, ainsi que les forces du mal, est définitivement vaincu (chapitres 38 et 39).
Les chapitres 40 à 48 décrivent dans le détail un temple que Dieu fait voir à Ézékiel. C’est une vision de l’avenir. Le temple, c’est-à-dire la place donnée à Dieu, est au centre de la vie du peuple : tout y est mesuré et organisé, et les rôles de chacun sont définis. La source d’eau qui en sort donne à boire à tous les êtres vivants (47.1-12). Autour du temple, chacun a son territoire (47.13–48.29), et Jérusalem s’appelle « le Seigneur-est-là » (48.35).
Le livre d’Ézékiel affirme ceci : Dieu va recréer son peuple et lui redonner le pays d’où il l’a fait partir.
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