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INTRODUCTION
Le mot « ecclésiaste » vient du grec. Il désigne une personne qui a une fonction dans l’assemblée ou le conseil du peuple. Le terme hébreu qui lui correspond se trouve au début et à la fin du livre de l’Ecclésiaste, en 1.1 et 2, et en 12.8 et 9-10. À ces endroits, il est traduit en français par « le Sage ».
Le livre de l’Ecclésiaste contient les paroles d’un sage. Le livre le présente comme un roi d’Israël, fils de David (1.1), et désigne ainsi le roi Salomon, considéré comme le plus grand sage d’Israël.
Voici un plan possible de ce livre bâti autour de l’affirmation du Sage « Tout part en fumée, rien ne sert à rien, rien ne mène à rien » (1.1-2 et 12.8) :
L’introduction est un poème (1.3-12) : rien de nouveau n’arrive jamais sur la terre !
De 1.12 à 6.9, le Sage décrit l’enquête qu’il a réalisée. Il dit ce qui se passe sous le soleil, c’est-à-dire sur la terre. Il a vu ceci : la joie, la sagesse et le travail ne mènent à rien, « autant courir après le vent ! » (6.9)
De 6.10 à 11.6, le Sage donne les conclusions de cette enquête. Les humains ne peuvent pas « découvrir comment Dieu agit sur la terre » (8.16-17), et ils ne peuvent pas savoir ce qui arrivera après eux (9.1 ; 11.6, etc.).
De 11.9 à 12.8, le Sage conseille de profiter de la jeunesse et de la vie sous le regard de Dieu. En effet la vieillesse et la mort arrivent pour tous, comme le poème de 12.1-7 le rappelle.
Le passage 12.9-14 sert de conclusion au livre.
Le Sage constate que les joies et les efforts de l’être humain sont inutiles. Par ailleurs, l’être humain a beau chercher, il ne peut pas trouver par lui-même un sens à sa vie. Le Sage exprime le résultat de son enquête par la répétition de la même expression, traduite selon les cas par : « cela ne sert à rien », « cela ne mène à rien », « cela n’a pas de sens ». Cette expression est développée au début et à la fin du livre (1.2 et 12.8).
Le Sage propose une autre sagesse que celle du livre des Proverbes. Pour lui, le travail et les efforts de ceux qui agissent bien et avec sagesse ne sont pas récompensés sur la terre. Par ailleurs, le mal et l’injustice ne sont pas punis. Il n’y a pas de réponse à la question que ces désordres posent. Ce que le Sage constate correspond au discours de Dieu à la fin du livre de Job (38.1–42.6). Dieu est le maître de la création, mais cette création est un mystère. Il n’est pas possible de savoir et de comprendre comment Dieu dirige le monde. Dans ces conditions, le Sage propose de trouver son bonheur dans les joies de la vie et de les regarder comme un don de Dieu (3.13,22 ; 8.15 ; 9.7-10, etc.).
D’autres textes de la Bible ont un point de vue différent sur la vie humaine en relation avec les autres et avec Dieu. Mais le livre de l’Ecclésiaste rappelle ceci : la vraie foi en Dieu n’a pas peur de regarder en face la condition humaine. Elle reconnaît que l’intelligence ne peut pas tout comprendre et tout expliquer.