1
David apprend la mort de Saül
1 # 1.1 la mort de Saül : cf. 1S 31. – battu Amalec : cf. 1S 30. – Tsiqlag : cf. 1S 27.6n. Après la mort de Saül, David, qui avait battu Amalec, s’en retourna à Tsiqlag où il resta deux jours. 2#1.2 un homme : cf. 4.10 ; 18.19-32 ; 1S 4.12-17. – les vêtements déchirés et la tête couverte de terre : cf. v. 11s ; 1S 4.12n.Le troisième jour, un homme arriva du camp de Saül, les vêtements déchirés et la tête couverte de terre. Arrivé auprès de David, il tomba à terre, prosterné. 3#1.3 échappé du camp d’Israël : cf. 1S 4.16.David lui demanda : D’où viens-tu ? Il lui répondit : Je me suis échappé du camp d’Israël. 4#1.4 ont fui : cf. 1S 4.10 ; 31.1. – et sont morts : les mots correspondants sont absents de Syr et de certains mss de LXX.David lui demanda : Que s’est-il passé ? Dis-le-moi, je te prie ! Il répondit : Les soldats ont fui le combat ; beaucoup d’entre eux sont tombés et sont morts. Saül lui-même et Jonathan, son fils, sont morts. 5David dit au jeune homme qui lui faisait ce rapport : Comment sais-tu que Saül et Jonathan, son fils, sont morts ? 6#1.6 Guilboa : cf. 1S 28.4n ; 31.1. – serré de près : cf. 1S 31.2. – les conducteurs de chars : litt. les chars et les maîtres des attelages ; cf. 10.18.Le jeune homme qui lui faisait ce rapport répondit : Je me trouvais au mont Guilboa ; Saül s’appuyait sur sa lance, serré de près par les conducteurs de chars. 7Il s’est retourné, m’a aperçu et m’a appelé. J’ai dit : « Oui ? » 8#1.8 Je lui ai répondu : autre lecture traditionnelle il ( ?) lui a répondu. – Amalécite : cf. 1S 15.2n.Il m’a demandé : « Qui es-tu ? » Je lui ai répondu : « Je suis un Amalécite. » 9#1.9 donne-moi la mort : cf. Jg 9.54 ; 1S 31.4 ; 1Ch 10.4. – vertige : le mot hébreu correspondant ne se trouve qu’ici dans l’A.T. et son sens n’est pas assuré ; des versions anciennes parlent aussi de tremblement ou d’ angoisse. L’idée est certainement celle d’un malaise, sous une forme ou une autre. – même si... encore plein de vie : litt. bien que tout mon être (= ma vie, cf. Gn 1.20n) soit encore en moi.Il m’a dit : « Arrête-toi près de moi, je te prie, et donne-moi la mort ; car je suis pris de vertige, même si je suis encore plein de vie. » 10#1.10 le diadème : insigne de la dignité royale, cf. 2R 11.12 ; Ps 89.40 ; 132.18, ou du grand prêtre, cf. Ex 29.6 ; 39.30 ; Lv 8.9. – la chaînette : autre objet, vraisemblablement précieux, mais difficile à identifier ; il n’apparaît qu’ici et en Nb 31.50, et pourrait désigner aussi un bracelet. – je te les apporte ici, mon seigneur : le jeune Amalécite espère tirer avantage de ce qu’il croit être une bonne nouvelle pour David.Je me suis arrêté près de lui et je lui ai donné la mort, sachant bien qu’il ne survivrait pas à sa chute. J’ai pris le diadème qui était sur sa tête et la chaînette qu’il avait au bras, et je te les apporte ici, mon seigneur !
11 # 1.11 V. 2 ; cf. 3.31 ; 13.31. David saisit ses vêtements et les déchira, et tous ceux qui étaient avec lui firent de même. 12#1.12 se lamentèrent... jeûnèrent : rites de deuil, cf. 1S 25.1 ; 31.13.Ils se lamentèrent, pleurèrent et jeûnèrent jusqu’au soir à cause de Saül, de Jonathan, son fils, du peuple du Seigneur et de la maison d’Israël qui étaient tombés par l’épée.
13David demanda au jeune homme qui lui avait fait le rapport : D’où es-tu ? Il répondit : Je suis le fils d’un immigré amalécite. 14#1.14 l’homme qui a reçu l’onction (litt. l’oint, le messie) du Seigneur : cf. 1S 2.10n. – le faire périr : cf. 4.10 ; 1S 24.7s ; 26.9 ; voir Ps 105.15.David lui dit : Comment as-tu pu oser porter la main sur l’homme qui a reçu l’onction du Seigneur, et le faire périr ? 15#1.15 serviteurs : le même terme est traduit par jeune homme dans les v. précédents. – exécute-le : cf. 4.12 ; Jg 8.20.David appela l’un des serviteurs et lui dit : Approche, exécute-le ! L’homme frappa l’Amalécite, et celui-ci mourut ; 16#1.16 Que ton sang soit sur ta tête : ton sang peut désigner ici soit le sang que tu as versé, c.-à-d. le meurtre que tu as commis, soit ton propre sang (qui est versé lors de ta mise à mort) ; selon les contextes où elle apparaît, l’expression globale (parfois que ton / son sang soit sur toi / lui) signifie donc soit qu’une personne porte la responsabilité de la mort d’une autre et doit en supporter les conséquences morales et juridiques, soit qu’elle est seule responsable de sa propre mise à mort consécutive à une faute commise. Voir Lv 20.9-13 ; 1R 2.32,33,37 ; Mt 27.25. – ta bouche a témoigné contre toi : cf. Lc 19.22 ; 22.71.et David lui dit : Que ton sang soit sur ta tête ! Ta bouche a témoigné contre toi, puisque tu as dit : « J’ai mis à mort l’homme qui a reçu l’onction du Seigneur ! »
Complainte de David sur Saül et Jonathan
17 # 1.17 complainte ou lamentation, ou encore chant funèbre, hébreu qina ; cf. 3.33 ; Jr 7.29 ; Ez 19.1 ; Am 5.1 ; 2Ch 35.25 ; Siracide 38.16 : « Mon fils, verse des larmes sur celui qui est mort... entonne une complainte. » David entonna cette complainte sur Saül et sur son fils Jonathan, 18#1.18 il dit : cf. 2Ch 14.3n. – de l’apprendre... l’Arc : litt. d’apprendre aux fils de Juda arc ; phrase énigmatique en hébreu. On considère habituellement le mot arc comme le titre de la complainte, tiré du v. 22 ; dans ce cas on pourrait aussi comprendre il dit comme l’introduction du poème commençant au v. 19, et le reste du v. 18 comme une suscription intercalée (A apprendre aux fils de Juda. L’Arc...). Mais on peut aussi suivre l’interprétation de Vg et Tg : il ordonna d’apprendre le tir à l’arc aux fils de Juda, comme il est écrit dans le livre du Juste ; il s’agirait alors de faire adopter un nouvel art militaire inconnu jusque-là en Israël. – Le livre du Juste était un recueil de textes, aujourd’hui perdu, qui est mentionné en Jos 10.13n.et il dit de l’apprendre aux fils de Juda ; c’est le Chant de l’Arc : il est écrit dans le livre du Juste.
19 # 1.19 Ce v. est une sorte de refrain qui réapparaît partiellement aux v. 25,27. – Ton élite : litt. l’ornement ou la beauté ; la construction du début du v. en hébreu est difficile à comprendre, d’où diverses traductions proposées : O gloire d’Israël ou la splendeur d’Israël a-t-elle... sur tes hauteurs : cf. 1S 28.4n ; 31.1-6. Le mot hébreu correspondant désigne parfois des lieux de culte (les hauts lieux ). – Des héros : autre traduction des guerriers. Ton élite, Israël, a été transpercée sur tes hauteurs !
Comment ! Des héros sont tombés !
20 # 1.20 Gath / Ashqelôn : deux des cinq villes de la confédération philistine, cf. 1S 5.1n. – n’en portez pas la bonne nouvelle : cf. 1S 31.9 ; Mi 1.10. – se réjouissent : cf. Jg 16.23s. – incirconcis : cf. Jg 14.3n. Ne l’annoncez pas dans Gath,
n’en portez pas la bonne nouvelle dans les rues d’Ashqelôn,
de peur que les filles des Philistins ne se réjouissent,
de peur que les filles des incirconcis n’exultent.
21 # 1.21 Montagnes ou monts, cf. v. 6. – Guilboa : cf. 1S 28.4n ; 31.1-6. – ni rosée ni pluie : la sécheresse entraînera la baisse de productivité des champs ; la nature est ainsi invitée à manifester elle aussi sa tristesse. – ni champs fertiles : litt. champs d’offrandes ou champs de prélèvements (cf. Ex 25.2n ; Nb 15.20s), ce qui signifie peut-être des champs dont les récoltes sont si abondantes que la partie consacrée aux offrandes est déjà considérable . Certains mss de LXX portent sur tes hauteurs, sur les montagnes de la mort . – qui n’a pas été oint d’huile : autre traduction qui ne sera plus oint d’huile . On entretenait avec un corps gras le cuir épais recouvrant la carcasse de bois du bouclier, et on veillait à ce qu’il soit particulièrement bien graissé pour la bataille, afin de détourner les coups des ennemis (cf. Es 21.5). Vg a compris que cette dernière affirmation se rapportait à Saül lui-même comme s’il n’était pas oint d’huile (voir onction). Certains rattachent cette phrase à ce qui suit et comprennent qui n’était pas oint d’huile, mais du sang des victimes... Montagnes de Guilboa,
qu’il n’y ait sur vous ni rosée ni pluie,
ni champs fertiles !
Car c’est là qu’ils ont connu l’abjection, les boucliers des guerriers,
le bouclier de Saül
qui n’a pas été oint d’huile.
22 # 1.22 le sang / la graisse : peut-être ici, respectivement, symboles de vie et de force ; cf. Lv 3.17n. – des victimes : litt. des transpercés . – l’arc de Jonathan : cf. 1S 18.4 ; 20.35-40. – ne reculait pas : autre traduction ne déviait pas ; cf. Ps 78.57. – ne sortait... : litt. ne revenait pas à vide, c.-à-d. sans avoir accompli son rôle ; cf. 1S 14.47. Devant le sang des victimes, devant la graisse des guerriers,
l’arc de Jonathan ne reculait pas
et l’épée de Saül ne sortait jamais en vain.
23 # 1.23 pendant leur vie : ces mots pourraient aussi être rattachés à l’affirmation suivante : n’ont été séparés ni dans leur vie ni dans leur mort . – plus rapides que des aigles : cf. Jr 4.13 ; Lm 4.19. – plus forts que des lions : cf. Jg 14.18 ; Pr 30.30. Saül et Jonathan, aimés et chéris pendant leur vie,
n’ont pas été séparés dans leur mort ;
ils étaient plus rapides que des aigles,
ils étaient plus forts que des lions.
24 # 1.24 Aux filles des Philistins du v. 20 s’opposent ici les Filles d’Israël . – Les étoffes teintes en écarlate étaient particulièrement précieuses, cf. Nb 4.8 ; Jr 4.30. Filles d’Israël, pleurez sur Saül,
qui vous revêtait d’écarlate et de délices,
et qui mettait sur vos habits une parure d’or.
25 # 1.25 Voir v. 19n. Comment ! Des héros sont tombés au milieu du combat !
Jonathan a été transpercé sur tes hauteurs !
26 # 1.26 Tu m’étais si cher : cf. 1S 18.1n ; 20.17. – ton amour : autre traduction ton amitié. A cause de toi, Jonathan, mon frère, je suis dans la détresse !
Tu m’étais si cher ;
ton amour était plus merveilleux pour moi
que l’amour des femmes.
27Comment ! Des héros sont tombés !
Les armes ont été anéanties !
Loading reference in secondary version...