Parallel
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Réplique de Job : Il se plaint de ses amis
1Job répondit alors :
2Ah, combien je voudrais que l’on pèse ma peine,
et que tout mon malheur soit mis sur la balance !
3Il est certes plus lourd que le sable des mers.
Voilà pourquoi je parle à tort et à travers.
4C’est vrai, le Dieu très-grand m’a percé de ses flèches,
et j’en ai absorbé le poison qu’elles portent.
Les plus vives terreurs#6.4 les plus vives terreurs ou les terreurs de Dieu : on trouve une tournure analogue en Gen 1.2. s’alignent devant moi.
5Est-ce que l’âne sauvage se met à braire
quand il a devant lui un repas d’herbe fraîche ?
Et le bœuf mugit-il quand il a son fourrage ?
6Faut-il manger sans sel ce qui est insipide,
et trouver quelque goût dans le blanc de l’œuf cru ?
7Je ne veux pas toucher à ces aliments-là.
Ma souffrance est un pain qui donne la nausée#6.7 La deuxième partie du verset est peu claire en hébreu et le sens incertain..
*
8Je voudrais tant qu’on donne suite à ma demande,
et que Dieu veuille m’accorder ce que j’espère :
9qu’il consente enfin à m’écraser pour de bon,
qu’il laisse aller sa main et qu’il tranche le fil !
10Je sauterais de joie, dans ma peine sans fin,
et j’obtiendrais alors ce dernier réconfort :
ne pas avoir trahi les ordres du Dieu saint.
11Mais je n’ai plus la force d’espérer encore :
à quoi bon patienter, je n’ai plus d’avenir.
12Suis-je une pierre, moi, pour résister à tout ?
Mon corps est-il de bronze ?
13Je n’ai plus en moi-même une seule ressource,
je me trouve privé du plus petit secours.
*
14L’homme abattu a droit à un peu de bonté
de la part d’un ami,
même s’il ne reconnaît plus
l’autorité du Dieu très-grand#6.14 Le texte hébreu du v. 14 est peu clair ; les versions anciennes et modernes proposent des interprétations diverses..
15Mes amis m’ont déçu, comme un ruisseau sans eau,
comme un des ces torrents dont le lit devient sec.
16A la fin de l’hiver, ils charrient des eaux troubles,
quand la glace et la neige se mettent à fondre.
17Mais dès la saison chaude, les voilà taris ;
au retour de l’été, ils s’assèchent sur place.
18Les caravanes se détournent de leur route,
elles s’avancent au désert, et puis s’égarent.
19Caravaniers de Téma, convois de Saba#6.19 Téma : oasis de l’Arabie du Nord. – Saba : au sud de l’Arabie ; voir 1.15 et la note.
cherchent l’eau du regard, ils sont remplis d’espoir.
20Mais ils regrettent bien d’avoir cru au ruisseau :
quand ils y arrivent, leur espoir est déçu.
21Or voilà ce que vous êtes pour votre ami#6.21 Une autre tradition textuelle juive a lu Mais vous, vous n’êtes rien. !
En voyant le désastre, vous avez pris peur.
22Vous ai-je demandé de me faire un cadeau,
de prélever pour moi une part de vos biens,
23afin de m’arracher aux mains d’un ennemi
et de me délivrer du pouvoir d’un tyran ?
24Instruisez-moi plutôt, je suis prêt à me taire ;
expliquez-moi en quoi j’ai commis une erreur.
25Des arguments honnêtes ne blessent personne,
mais sur quoi portent les critiques que vous faites ?
26Songez-vous donc à critiquer de simples mots ?
Ce sont des mots en l’air, d’un homme sans espoir.
27Vous oseriez tirer au sort un orphelin,
vous iriez jusqu’à vendre votre propre ami !
28Eh bien, regardez-moi dans les yeux, voulez-vous ?
Et dites-moi si je vous joue la comédie.
29-30Est-ce que mon langage est celui d’un tricheur ?
Croyez-vous que j’ignore le goût du malheur ?
Regardez-moi : pas de tricherie entre nous !
Regardez-moi encore :
mon innocence est évidente en cette affaire.