Parallel
18
Intervention de Bildad : Un piège pour le méchant
1Bildad de Chouha prit alors la parole :
2Jusqu’à quand tairez-vous ce qu’il convient de dire ?
Réfléchissez d’abord et nous saurons parler.
3Allez-vous laisser Job nous prendre pour des bêtes ?
Avez-vous l’impression que nous sommes stupides ?
4Quant à toi, Job, ta fureur te nuit à toi-même.
Crois-tu qu’elle pourrait dépeupler un pays,
déplacer un rocher … ?
*
5C’est la lumière du méchant qui s’éteindra !
La flamme, à son foyer, cessera de briller.
6La lumière, chez lui, perdra de sa clarté,
la lampe de sa vie va s’éteindre à son tour#18.6 V. 5-6 : comparer 21.17..
7Sa démarche assurée deviendra hésitante,
et les projets qu’il fait finiront par le perdre.
8Ses pas le conduiront dans un filet tendu,
et il ira tout droit se prendre dans les mailles.
9Un piège le capturera par le talon,
un nœud coulant le retiendra solidement.
10Le fil qui le prendra est caché dans la terre,
et le lacet fatal l’attend sur son chemin.
11De partout, la terreur tombe soudain sur lui
et lui donne la chasse à chaque pas qu’il fait.
*
12Lui qui était si fort, le voilà affamé,
et la misère est installée à ses côtés.
13Elle dévorera les morceaux de sa peau
et un fléau mortel consumera ses membres.
14On viendra l’arracher de sa demeure sûre,
pour le conduire au roi du monde de la mort.
15Sa maison sera libre, on pourra l’occuper ;
sur sa propriété on répandra du soufre#18.15 Le sens de ce geste reste incertain ; pour les uns le soufre avait un rôle purificateur, pour d’autres il provoquait la stérilité des terres..
16Il sera l’arbre mort, du bas jusqu’à la cime,
racines desséchées et feuillage flétri.
*
17Au pays, on perdra tout souvenir de lui,
son nom ne sera plus prononcé dans la rue.
18De la lumière, on l’expulsera dans la nuit,
et on le chassera de la terre habitée.
19Aucun enfant n’assurera sa descendance,
aucun ne survivra, de toute sa maison.
20A l’ouest comme à l’est on apprendra son sort,
les gens seront saisis d’effroi et de frissons :
21« Ainsi donc, diront-ils, voilà tout ce qui reste
de cet individu et de sa maisonnée.
C’était ici un lieu où l’on ignorait Dieu. »